À présent, justice aura été rendue. Mais la justice n’était pas la seule chose que je voulais cultiver. Dans cette serre, j’ai fait pousser plus que des fleurs. J’ai fait pousser l’espoir. L’espoir que tu retrouverais ta force, que tu t’épanouirais malgré l’ombre des autres.
L’inscription sur cette enveloppe provient du terrain vague à côté de votre ancien fleuriste. Je l’ai achetée le lendemain de ma confrontation avec Margaret. Il est temps que les jardins Harrison s’étendent au-delà de notre maison. Votre talent pour apporter de la beauté au monde ne devrait pas se limiter à un seul jardin.
Tu as survécu à l’hiver, Maddie. Il est temps de refleurir.
Avec un amour éternel, papa.
Je suis rentré chez moi comme sur un nuage, serrant l’écriture contre moi.
« Il a acheté le terrain à côté de mon ancien magasin », ai-je dit à Isaiah et Aaliyah. « Il voulait que je développe l’entreprise. »
« Ce n’est pas tout ce qu’il a fait », dit Aaliyah en sortant sa tablette. « La marque Harrison Gardens a été déposée il y a six mois. Il a tout préparé : business plans, permis, financement. Il ne manque plus que toi. »
« Et nous », ajouta Isaiah. « J’ai appris une chose ou deux sur le jardinage ces derniers mois. Il fallait bien que quelqu’un garde ses orchidées en vie. »
J’ai regardé le jardin de papa, où les roses étaient encore en fleurs. Au-delà, je voyais l’avenir qu’il avait prévu pour moi. Pas seulement la justice, mais la croissance. Pas seulement la survie, mais l’épanouissement.
« Oui », ai-je dit, me sentant plus forte que jamais. « Il est temps de faire pousser quelque chose de nouveau. »
—À papa —Isaiah leva sa tasse de café.
« Pour la justice », ajouta Aaliyah en levant la sienne.
J’ai siroté ma propre tasse, pensant aux orchidées et aux roses, à la vérité et au temps, aux fins et aux commencements.
— À la floraison à nouveau.
Par la fenêtre, le jardin rayonnait sous le soleil de l’après-midi, chaque fleur témoignant de la conviction de papa que la beauté peut pousser même dans les sols les plus rudes. Il m’avait donné plus que la justice. Il m’avait redonné mon avenir, fleur après fleur.
Merci à tous ceux qui liront ces lignes