Pendant près d’un an, ma voisine Denise et moi étions engagées dans une querelle de plus en plus virulente.
Puis un matin, elle s’est présentée à ma porte en peignoir, tremblante de fureur et hurlant que j’avais détruit sa propriété.
Ce qu’elle ignorait, c’est que les caméras de sécurité que j’avais installées quelques jours auparavant allaient révéler quelque chose auquel aucun de nous deux ne s’attendait.
Je m’appelle Christine.
Avant que tout ne dégénère, Denise et moi n’étions pas amies, mais nous étions des voisines parfaitement polies.
Nous nous sommes fait signe de la main en nous voyant près de la boîte aux lettres.
Nous avons bavardé un peu de la météo.
Un jour, une livreuse a accidentellement laissé un de ses colis sur mon perron et je le lui ai apporté sans même y penser.
Puis son chien a découvert mes parterres de fleurs.
La première fois, j’ai supposé que c’était un accident.
En rentrant du travail, j’ai trouvé plusieurs fleurs arrachées du sol, de la terre éparpillée sur l’allée et des empreintes de pattes partout dans le paillis.
J’ai frappé à la porte de Denise.
« Hé, je crois que votre chien est allé dans mon parterre de fleurs. »
Elle jeta un coup d’œil vers mon jardin et haussa les épaules.
« C’est un chien, Christine. Les chiens creusent. »
J’attendais des excuses.
Il n’est jamais arrivé.
Elle a réagi comme si je m’étais plainte du temps.
J’ai donc tout nettoyé moi-même.
Puis c’est arrivé de nouveau.
La deuxième fois, j’étais plus irrité.
La troisième fois, c’est presque toute une partie du jardin qui a été détruite.
J’avais passé plusieurs week-ends à planter et à entretenir ces fleurs.
Le jardinage était l’une des rares choses que j’aimais vraiment faire à la maison.
J’ai donc finalement contacté l’association de copropriétaires.
Je ne leur ai pas demandé de donner une amende à Denise.
Je n’ai pas exigé une punition sévère.
Je voulais simplement que quelqu’un lui rappelle que son chien n’avait pas le droit de détruire les biens d’autrui.
Apparemment, cela a suffi à faire de moi son ennemie.
Quelques jours plus tard, Denise m’a interpellé dehors.
« Vous m’avez dénoncé ? »
« J’ai signalé que votre chien détruisait mes fleurs. »
« Tu aurais pu me parler en premier. »
« Oui. Deux fois. »
Sa mâchoire se crispa.
« Vous n’aviez pas besoin d’impliquer l’association de copropriétaires. »
« Je ne l’aurais pas fait si le problème avait cessé. »
Elle m’a dévisagé pendant quelques secondes avant de rentrer chez elle.
Après cela, tout a changé.
